Sur le petit écran qui me fait face, une lente géo­dé­sique affiche notre avion à la ver­ti­cale des côtes écos­saises et me fait lever le volet du hublot.

La ligne de front com­plexe, frac­tale, de l’assaut de la mer sur les High­land est là, sous l’aile char­gée de kéro­sène. Mais de mon fra­gile cylindre de métal, je ne dis­tingue aucune trace d’activité humaine, pas de route ni de ville ni de port.

L’homme peut n’y avoir jamais existé. Peut-être est-ce là une preuve fugace que rien d’autre n’existe que le rêve impar­fait et sin­gu­lier que je fais. Ou que, à une cer­taine dis­tance, nous ces­sons d’avoir existé.