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Courants d’Airs 2017

La 12e édition de ce festival des arts de la scène est accessible gratuitement à l’initiative du Conservatoire royal de Bruxelles en Musique et Arts de la parole. Le 19 avril 2017, à 20:00 seront jouées trois oeuvres coécrites avec le compositeur belge Michel Lysight : Three Philosophers Songs, et les deux Regards sur Arlequin.

D’autres oeuvres instrumentales de Michel Lysight sont programmées (dont une création mondiale), ainsi que le fantastique Tehillim de Steve Reich.

Sur scène : Quintette EtCaetera, Thibaut Louvel (piano), Stann Duguet (violoncelle), Sesim Bezduz (violon), Ninon Demange (Soprano), Romain Dayez (Baryton), Pierre Quiriny (marimba), Antoine Dandoy (marimba) et le Royal Conservatory of Brussels Orchestra sous la direction de Philippe Gérard.

Coordonnées et réservation

Deux regards sur Arlequin

Deux regards sombres et nihilistes sur Arlequin, déconstruisant le gentil poème d’Albert Giraud mis alors en musique par Arnold Schönberg dans son Dreimal sieben Gedichte aus Albert Girauds « Pierrot lunaire ». Cette fois encore, la musique sauvera et portera les vers.

Schaerbeek #3

Le craquement de la branche morte, le glissement de la semelle sur la boue prise par le gel. Le pouls de la ville ne parvient plus jusqu’ici. Seule la lente respiration du monde.

« Attends-moi, ça glisse ! » Elle semble s’accrocher à son parapluie. L’escalier forestier n’en est pas un. Impératif de l’équilibre.

Rien n’est ce qu’il semble être. Ceux qui l’ignorent évitent ce lieu.

Schaerbeek #2

Les voies ferrées sont des blessures apaisées, des cicatrices qui lient la ville à la campagne.

De part et d’autre des lignes d’acier s’étale un monde délaissé par les hommes et reconquis par une nature hésitante. Zones marécageuses, entourées d’herbes dures et d’arbres noirs, rongeurs furtifs, batraciens inquiets, nids délaissés.

Nous sommes dans un paysage que des milliers de personnes ignorent chaque jour, depuis le confort relatif de leur voiture de chemin de fer. Nous sommes dans un blanc sur la carte, et au-dessus de nos têtes un groupe de ramiers s’envole bruyamment, faisant claquer leurs ailes comme des voiles.

Schaerbeek #1

Une échelle d’aluminium, quelques pas mal assurés, une trappe à manœuvrer et nous passons outre la frontière interdite.

Nous retrouvons le ciel. Le toit est encombré de buses, de reliefs dont nous n’identifions pas la fonction, d’autres trappes, condamnées. Le bord non sécurisé nous rappelle notre finitude et notre magnificence. La ville est en-dessous, bruisse et nous ignore.

Nous sommes Marc-Aurèle et nous marchons sur notre montagne. Le vent nous gonfle de vie.