Il s’appelle Ibra­him Arbid et vit dans la vieille ville de Jéru­sa­lem. Comme tous les jours, il attend au pas de sa porte, appuyé sur le porche et sur sa canne, que quelqu’un l’aide à faire les 500 mètres qui le séparent du Cen­ter for old men où il passe ses après‐midi. Nous avons mis 40 minutes à par­cou­rir cette dis­tance. « Je suis musul­man me dit‐il, mais aussi un peu juif... » Arrivé au Centre for old men, je lis au fron­tis­pice la men­tion ordo fra­trum mino­rum qui désigne les fran­cis­cains.

« Vous êtes aussi chré­tien ?
– Tous les après‐midis ! Vous voyez ces gens dans la rue qui tournent en rond n’entrent nulle part ? Ce sont des athées qui viennent nous prendre en photo. Moi je peux entrer dans chaque mai­son et dans chaque mai­son j’ai un ami. Ne tour­nez pas trop en rond et pre­nez de belles pho­tos, mon ami. »